Juste mes OS .
Postée chronologiquement , par ordre où elles sont écrites .
Vos avis sont les bienvenus .
En ce qui concerne les " amis " , je n'aime pas franchement les invitations quand on ne lit pas mes OS ... Si c'est pour faire style " Wah j'ai trop d'amis quoi " , ce n'est pas mon but recherché ><
Bonne lecture !
Je vire les pubs ausssi ... Rien à faire ici !
Aude .

x-liebe-deutschland-x@hotmail.fr

# Posté le lundi 17 mars 2008 11:44

Modifié le samedi 18 octobre 2008 07:06

# 1 .

# 1 .
Ecrit à l'occasion du concours Dream Up --'

Trois heures du matin. Je n'arrivais toujours pas à dormir. Voilà bientôt six heures que mon rêve s'était réalisé puis fini. Un papier, un stylo sur mon bureau. Une idée. Pourquoi faire ? Dire ce que je ressentais... Une simple lettre.


Freiburg, den 19. April 2oo7.

A Messieurs Georg Listing, Gustav Schäfer, Tom et Bill Kaulitz .


Bonjour, ou plutôt bonsoir – plus approprié – serait pas mal pour débuter ! A vrai dire, je vous écris au fil de la plume. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Vous exprimer ce que vous représentez ? Sûrement.
A ce moment même, il est trois heures quinze du matin. Insomnie. Quoi de plus normal quand je réalise ce qu'il s'est passé aujourd'hui. Peut-être que cela vous sera complètement égal et que vous trouverez cela banal... Pas moi. 18 avril 2oo7, dix-neuf heures. Date et heure gravées dans ma mémoire. Vous voyez où je veux en venir ? Oui. Concert de Tokio Hotel à Nancy. Celui que j'attendais depuis des mois. La France au lieu de l'Allemagne. Pas avant, une peur s'étant installée en moi. En quelques mois, vous, votre musique, vos paroles, votre énergie... m'ont transformé. Tout me touche au plus profond de mon être. Ce ne sont pas vos belles gueules qui font de moi une fan. Non, certainement pas. Simplement fan, admirative de ce que vous dégagez, de ce que vous m'apportez, de ce qui vous entoure. Pour être franche, je n'ai pas accroché à votre musique dès vous avez commencé à connaître le succès. « Schrei », un son plutôt agressif au début pour mon univers. Puis « Rette-Mich », la révélation, la première chanson qui m'a fait basculé. Celle qui me correspond le mieux. Envoutée tout naturellement. Par votre premier album, je me suis enfin trouvée. Puis vient Zimmer483. Consécration pour vous. Jamais je ne me suis sentie aussi proche de ces chansons, aussi touchée. Paradoxalement, et je cherche toujours à comprendre pourquoi, je n'ai jamais été confrontée au suicide, à un abandon ou à la drogue. Je crois que vous êtes des magiciens tout compte fait ! Alors pourquoi avoir mis si longtemps à venir vous voir, pour de vrai, vous écoutez, vous applaudir, vous admirez en tant qu'artistes ? Sûrement la peur. Peur d'être déçue. J'ai placé en vous tellement d'espoir, vous qui avez changé ma vie. Défaitiste à mon habitude, je repoussais inlassablement l'échéance. Beaucoup diraient de moi que je suis folle de penser de telles choses... Parce que vous êtes devenus ma drogue, parce que vos albums sont devenus de véritables bouffées d'oxygène quotidiennes, je m'imaginais qu'après le concert, la magie se serait dissolue. Me dire « Ca y est, c'est fait, mon rêve est accompli et maintenant ? » était un véritable calvaire tant je redoutais que vous soyez si différents de ce que je m'imaginais, que le concert me déçoive. Malheur à moi qui ai pensé cela. Magnifique concert. Entendre « Rette- Mich », « Der Letzte Tag » et « Ich brech aus », chansons pour lesquelles j'aurais tout donné pour les écouter rien qu'une fois en live... C'était tout simplement indescriptible. J'étais sur un petit nuage. Le nuage d'un groupe allemand plus que merveilleux. Vous m'avez fait passer l'heure trente la plus belle de ma vie. Oui, j'étais fan de Tokio Hotel et je le suis encore bien plus à ce jour. Danke schön ne serait même pas assez fort comme mot pour vous exprimer toute ma gratitude. Mais je le dis quand même : Merci. Merci pour tout ce que vous m'avez apporté. Merci pour ce que vous m'apportez et bien plus dans le futur. Je m'étais promis de ne jamais porter un tel amour pour un groupe de musique... Vous avez pourtant bien réussi et je vous en serais éternellement reconnaissante puisque tout est...MAGIQUE avec vous, quatre jeunes hommes talentueux, bourrés de talent.
Une lettre parmi d'autres... Une jeune fille, Kamilla, 17 ans parmi d'autres. Fan de véritables artistes. Juste pour vous exprimer mes sentiments.
Wir werden für immer an euer Seite sein.

Kamilla.




Relecture et pliage de la lettre. Je fermais l'enveloppe et allais me coucher, l'esprit léger.

[...]

Dix-sept heures. Fin des cours. Je n'avais pas posté la lettre. Elle était encore dans mon trieur. Pourquoi ? Hésitation. Dévoiler ce que l'on ressent à des inconnus – oui car ils ont beau être présents quotidiennement, ce ne sont finalement que des étrangers - qui ont changé votre vie, ce n'était pas une mince affaire. Pourtant, c'était d'un pas décidé que j'avançais vers la boîte aux lettres. Soudain, quelqu'un me bousculait, faisant tomber tout mon trieur ainsi que mes feuilles, qui pour l'unes d'entre elles s'étaient déjà envolées avec le vent. Je me baissais immédiatement pour rassembler le tout lorsque cette personne fit de même. Je n'avais pas levé le regard sur elle mais ces mains... Je les reconnaissais entre mille. Lentement, en même temps que je me relevais, je posais mes yeux sur...LUI. Il me fixait, lui aussi. Un regard, une étincelle dans ses yeux et sûrement dans les miens. Mon c½ur battait à tout rompre.
« Je...euh... Désolé. Je ne regardais pas où j'allais » Me dit-il.
« C'est pas grave. Ca arrive à tout le monde. » Lui répondais-je d'un sourire franc.
« Mais tu as... perdu des feuilles. C'est embêtant. »
« Ce n'était que des maths. Rien d'important ! »
« Quand même. C'est de ma faute... Pour me faire pardonner, tu aurais euh... un moment à m'accorder ? Histoire de prendre un verre... » Me demanda- t- il d'un air timide et pas sûr de lui.
« Bien sûr avec plaisir ! »
Pour toute réponse, il me fit un sourire qui se voulait sincère.
« Oh attends. Avant d'y aller, j'ai une lettre à poster » lui dis-je.
Je pris la lettre, d'une main tremblante. Qu'est ce que j'avais à y perdre ? Rien. Je glissais l'enveloppe dans la boîte aux lettres.
« Et on va où ? » Lui demandais-je.
« Je connais un bar tranquille pas très loin. »
J'acquiesçais d'un signe de la tête.
« Au fait, j'me suis pas présenté... Moi c'est Tom. Enchanté ! » Me dit-il en me tendant la main.
« Kamilla. Moi de même ! » Répondis-je en souriant, serrant sa main. A ce contact, je fus surprise de sentir un frisson particulier se propageant dans toute ma main. Lui aussi d'ailleurs...
« Guitariste ? » M'interrogea-t-il étonné.
« A mes heures. Pour me détendre ! » Déclarais- je.
Je savais qui il était. Je décidais néanmoins d'être naturelle avec lui. Aucune raison de me comporter autrement. Après tout, je n'étais pas fan d'eux mais juste de leur musique.

# Posté le lundi 17 mars 2008 11:50

Modifié le lundi 08 septembre 2008 13:41

# 2

# 2
Depuis ce jour là, j'aime dire Paris neigeux, Paris heureux.


Comme d'habitude, ce soir là, je rentrais chez moi. Du moins, c'est ce que je pensais faire. Il était plus de vingt-deux heures en ce jour de novembre et pourtant, j'oubliais mon début de soirée foireux. Je décidais de passer voir Angy, ma meilleure amie sur son lieu de boulot. A cette heure là ? Bien sûr, elle était barman dans une boîte ultra branchée. Je n'avais aucun mal à y rentrer, j'étais connue de toute la capitale. Moi, Loanne, jeune fille de vingt ans fashion à souhait, bourrée de fric à ne plus en savoir quoi faire et pourtant... Comme on dit : l'argent ne fait pas le bonheur. Du moins, il n'y contribuait plus. A seize ans, j'écumais déjà toutes les boîtes de nuit, complètement ivre ou défoncée, ça dépendait des jours, à la recherche de proies. L'âge, je m'en fichais éperdument du moment que j'avais ce que j'étais venue chercher ! Alcool, drogue, débauche, fiesta à gogo, médicaments, dépression, overdose... Suicide. Le mot était tombé. Ca m'avait couté six mois à l'hôpital. Six mois où j'avais réellement pris conscience de ce que j'étais devenue. Six mois où j'avais pu réfléchir à la personne que j'allais devenir. J'allais laisser mon passé pour me construire un nouveau futur qui ne m'était pas destiné à l'origine. J'avais pris un nouveau départ. J'avais réussi à avoir mon bac, je m'étais inscrite à l'université. C'est là-bas que j'avais rencontré Angy. Elle avait toujours été là pour me soutenir, même quand j'avais déjà un pied dans le vide. Je lui devais beaucoup. Maintenant, je n' étais plus cette garce qui croyait que la tune résolvait tous les problèmes, où je croyais que tout m'était permis. J'avais appris à devenir quelqu'un de meilleur. Je pensais avoir réussi. J'aidais du mieux que je pouvais ceux qui en avaient besoin. Le monde dans lequel j'avais gravité pendant tant d'années me paraissait à présent si futile... Mes rêves me semblaient désormais trop simples et utopistes. Pourtant il y en avait un auquel j'aspirais plus que tout...

La boîte était bondée de jeunes gens insouciants, profitant innocemment de leur jeunesse dorée. Cela me dégoutait au plus au point maintenant. Machinalement, je contournais ceux qui étaient sur la piste, complètement déchirés, pour rejoindre le bar et ma Angy.

- Hey ma chérie. Ca faisait longtemps que t'étais pas venue !
- Salut. Oué je sais. J'avais pas trop envie de venir dans ce genre d'endroit...
- Qu'est ce que je te sers ?
- Un coca s'il te plaît.
- Deux... C'est moi qui offre.


Je me retournais aussitôt vers celui qui osait s'incruster auprès de moi.

- Merci mais j'ai de quoi payer tu sais...
- J'en doute pas si t'es ici. Mais commander un Coca dans une boîte aussi branchée c'est pas courant.
- Je ne suis pas comme tout le monde ici.
- Intéressant.
- Mais pas intéresser =).
- Ca n'empêche qu'on peut discuter non ?
- Ca n'engage à rien c'est vrai.
- Tu t'appelles... ?
- C'est pas nécessaire de savoir.
- Moi c'est...
- J'veux pas savoir. Tu seras l'inconnu de la soirée, même si j'ai la nette impression de t'avoir vu quelque part...
- Ca ce peux... Et toi mon anonyme. Ca me va ! Tu habites Paris ?
- Oui, depuis toujours. Et toi ? T'es pas français j'me trompe ?
- Pas du tout. Je suis allemand.
- Pourtant tu parles bien français.
- A force de venir dans ce pays, j'ai appris petit à petit la langue. Ca peut toujours servir
.

Il termina sa phrase en la ponctuant d'un clin d'½il. Technique typique de drague. Pourtant, je lui trouvais malgré moi un certain charme. Oui il était charmant, même très. Son regard portait une tout autre image de ce qu'il laissait paraitre physiquement. Je sentais qu'il en avait bavé, pas comme moi, mais sous une autre forme de mal-être. Je ne savais pas pourquoi mais peut être bien que cette soirée n'allait pas se finir aussi mal qu'elle avait commencé.

- Tu préfèrerais pas qu'on continue notre conversation dehors ?
- Pourquoi ça ?
- L'ambiance me gonfle. Les soirées comme ça, j'ai assez donné !
- Si tu veux. Angy !
- T'y va déjà ?
- Oui. T'en fais pas, je t'appelle demain.
- Après-midi. Je finis tard ce soir. J'veux tout savoir...
- Angyyy ! Mais oui t'inquiète. Bon courage.


Avant que l'on ne parte, il s'était dirigé vers un groupe de trois jeunes hommes. Trente seconde plus tard, il revint vers moi.

- C'est bon, on peut y aller !

Nous étions désormais devant l'entrée de la boîte.

- Alors ? Tu m'emmènes où ?
- Tu ne connais pas Paris ?
- J'ai beau y être venu plus d'une dizaine de fois, en dehors du Sers, de la Tour Eiffel et des Champs Elysées, je ne connais rien d'autre !
- Bin moi j'ai l'habitude de passer tous les soirs à côté de la Tour Eiffel... C'est sympa la nuit.
- Qu'est ce qu'on attend pour y aller ?


Nous n'étions qu'à dix minutes à pied de la dame de fer. Nous parlions de tout et de rien.

- Qu'est ce que tu fais dans la vie ?
- Je suis étudiante.
- En quoi ?
- Licence d'allemand !
- T'aurais dû me le dire plus tôt. Ca m'aurait facilité la tâche.
- Tu te débrouilles très bien j't'assure. Et toi tu fais quoi ? Célébrité internationale c'est ça ?
- Comment tu...
- Quand t'es allé voir tes potes. J'me disais bien que j't'avais vu quelque part.
- Oh alors...
- J'suis pas fan. Déçu ?
- Non ravi pour tout avouer. On tombe toujours sur des fans hystériques.
- Qui t'as dis que j'en étais pas une ?
- Je sais pas... T'avais l'air différente.


Oui différente, ça je l'étais assurément. Et cela faisait bientôt quatre ans que je me battais pour l'être. Nous étions arrivés sous la Tour Eiffel et nous nous étions assis sur un des nombreux bancs.

- Alors ça fait quoi d'être une star ?
- C'est cool.
- C'est tout ?
- Oué.
- Y'a pas que des avantages hein...
- Non. T'as l'air de parler en connaissance de cause.
- Pas spécialement.
- Raconte.
- Commence alors.
- On a toujours voulu ça d'un côté. Au début, tu vis dans ton monde. T'en profites au maximum, jusqu'aux excès. On t'offre tout sur un plateau d'argent. Tu demandes, on t'apporte, tu prends et tu te casses. Sans jamais qu'on t'en demande en retour. Tu vis dans l'assistance la plus totale. Et puis tu te lasses au bout d'un moment. Parce que tu te rends compte que tu commences à regretter que tout se passe comme ça, que tout ait été aussi soudain. T'as pas eu le temps de t'y faire. T'as plongé la tête la première. Alors des fois, tu prends des risques pour t'échapper quelques minutes.
- Comme maintenant ?
- Oué, mais tu regrettes jamais parce que ces moments, ce sont tes bouffées d'oxygène sans lesquelles t'aurais pas survécu. J'ai tout ce que je veux, quand je veux et où je veux. J'ai la vie facile. Je fais juste des concerts, des photos, des interviews. On nous promène dans des soirées où le champagne coule à flot et où le caviar est servi à volonté. On est plus que des machines à fric. On nous demande même plus notre avis. On nous a donné une image qui n'est pas ce que l'on est réellement. On raconte des choses fausses sur nous : Bill l'homo. Gustav le coincé du groupe. Georg le gros dormeur pervers et Tom, celui qui change de meufs toutes les semaines ou qui en ramène une à chaque soirée. On est pas comme ça. On nous laisse même plus vivre. Et pourtant on voulait être des stars.
- Mais pas de cette façon...
- Non. Alors on se tait et on encaisse. Et toi ? C'est quoi l'histoire de ta vie ?
- Un peu comme la tienne...
- J't'écoute.
- Connue dans tout Paris pour ses frasques à seulement seize ans. Jeune, riche, profitant de la vie. Tout m'était permis et j'en étais parfaitement consciente. Carpe Diem. Mais en fait, intérieurement je me détestais. Et je continuais parce que seul l'avis des autres me préoccupait. Je voulais juste qu'on s'intéresse à moi. Je voulais qu'on me respecte. Mais j'ai trop joué avec le feu. Je me détruisais petit à petit. Jusqu'au jour où je suis allée trop loin.
- Tu as...
- Tentative de suicide oué. Mais avec le recul, c'était une deuxième naissance qui s'offrait à moi. L'occasion de me reprendre en main, de devenir une nouvelle personne.
- Tu as l'air d'avoir réussi.
- J'espère... Seul l'avenir me le dira ! Alors comme ça tu sautes pas sur tout ce qui bouge ? Je devrais être rassurée !
- J'en ai profité j'l'avoue mais pas autant qu'on voudrait le faire croire.
- Plus maintenant ?
- Non. J'attends... Et toi ? Tu cherches le grand amour ou tu l'as trouvé ?
- P'tete que je le rencontrerai demain dans le métro ou alors...
- Alors quoi ?
- Non c'est trop con...
- Dis toujours.
- Ou p'tete que j'attends celui qui m'attendra ici, la nuit quand je rentre de mon petit boulot de baby-sitter, sous la Tour Eiffel, alors que la neige tombe et qui me dira qu'on peut monter au dernier étage pour admirer les lumières de Paris. Et là tu dois certainement me prendre un peu plus pour une folle parce que y'a personne qui peut savoir une telle chose.
- Sauf moi.
- Alors t'auras qu'à passer une petite annonce en disant que l'anonyme de Paris à un rêve irréalisable.


Son portable s'était mis à sonner.

- Désolé. C'est certainement mon frère. Je dois répondre.

Il s'était éloignait tandis que moi, je me maudissais d'avoir étalé ma vie à un parfait inconnu. Pourtant, lui, il n'avait pas hésité à le faire. Quelques minutes plus tard, il revint vers moi.

- Il faut que j'y aille. On repart tôt chez nous demain.
- Je comprends.
- Je suis ravi d'avoir fait ta connaissance belle anonyme.
- Moi de même inconnu. A...
- Bientôt. J'aime pas les adieux.


A cela, il s'était avancé un peu vers moi, se penchait, et m'avait déposé un doux baiser sur la joue. C'était ainsi que nous nous étions quittés.
Un mois était passé. Et je repensais sans arrêt à cette soirée.
Comme d'habitude, ce soir là, je rentrais chez moi. Décembre. La nuit était froide. Les flocons tombaient. Je passais habituellement sous la Tour Eiffel. Involontairement je me mis à sourire quand j'entendais d'autres pas derrière moi dans la neige fraîchement tombée que les miens. Je ne me retournais pas pour autant.

- Tu crois qu'une belle anonyme pourrait accepter de venir en ma compagnie au dernier étage pour admirer les lumières de Paris by night ?

Non seulement j'allais vivre mon rêve mais je sus à ce moment là, que j'avais sûrement déjà trouvé l'homme de ma vie il y avait un mois de cela.

- Avec plaisir... Charmant inconnu.

Il me prit la main et nous montions au dernier étage de la Tour Eiffel.

- Comment t'as fais pour...
- Finalement, être célèbre, ça n'a pas que des inconvénients.


Lorsque les portes de l'ascenseur se sont ouvertes, je me suis lentement dirigée vers cette vue qui s'étendait sous mes yeux... Sous nos yeux. Il vint se mettre derrière moi, m'entourant de ses bras. Je posais ma tête contre son torse et savourais.

- Merci.
- Pour ?
- D'avoir réaliser mon rêve.
- Alors j'dois aussi te remercier.


Incrédule, je me retournais et levais la tête, attendant une réponse.

- Je t'ai rencontré...

Un sourire illuminait mon visage.

- Loanne.
- Tom.
- Enchantée.
- Plus qu'heureux !


Il me serrait dans ses bras. Pour moi, après tout ce que j'avais traversé, je me dis que j'étais récompensée de mes efforts. J'étais enfin devenue quelqu'un. Il prit ensuite mon visage gelé entre ses mains froides, plongeant ses yeux aux reflets dorés dans les miens azurs et m'embrassait, doucement puis passionnément. Que demander de plus ?
[...]
Deux ans jour pour jour ont passé. Nous sommes aujourd'hui au même endroit, nous remémorant ces souvenirs. Les nôtres, rien qu'à nous. Et je me dis, qu'avec Angy, j'ai fait les deux plus rencontres de ma vie.

Depuis ce jour là, j'aime dire Paris neigeux, Paris heureux.

# Posté le lundi 17 mars 2008 12:16

Modifié le lundi 23 juin 2008 20:15

# 3 .

# 3 .
Finie lors d'une période noire pour moi .

Westfallen Halle . Dortmund . Den 31. März 2008 .


_Premier et dernier concert de la tournée 1ooo Hotels Tour que nous donnions dans nôtre pays. Nous passions plus de temps dans les pays étrangés qu'en Allemagne. Quelle ironie ! Derniers coups de baguette, je m'avançais vers ce public qui nous a tant donné & tentais de le remercier comme il se devait. Je crois n'avoir toujours pas pris conscience que c'était nous qu'elles acclamaient toutes. Pour nous qu'elles sacrifiaient leur temps libre. Juste pour nous et une heure trente de concert. Routine. Qui s'était petit à petit installée. Être célèbre, c'est ne plus avoir d'attaches. Répéter inexorablement les mêmes choses pratiquement tous les jours comme si le temps n'avait plus son importance. Ne pas rester au même endroit pendant deux jours d'affilés. Oui, ne pas s'attacher. Avoir ses habitudes. Comme un adulte. Alors que finalement, à bientôt vingt ans, ce n'était pas normal d'avoir des « habitudes ».
Dix minutes que le concert s'était terminé. J'imaginais déjà les techniciens démonter la scène & partir pour la prochaine ville de demain. Nous étions tous les quatre dans la loge. Affalés dans les canapés & fauteuils mis à notre disposition. Epuisés. Comme depuis un certain temps. Lassitude.

« Non mais vous avez vu ? Je me suis retrouvé avec une capote sur le manche de ma guitare ! »
« Ca change des soutifs habituels... » Déclara Georg en levant les yeux au ciel.
« Mais c'est dégueulasse ! J'avais pas l'air con à me secouer dans tous les sens. Imaginez qu'elle soit usagée... »
« C'est pas toi qui t'es pris une peluche en pleine gueule. » Dit Bill, une clope à la main.
« Finalement le plus chanceux, c'est Gus' ! Au moins, il est tranquille de son perchoir. »
« Ne me dis pas, Tom, que t'es pas content de voir toutes ces nanas s'extasier devant toi, en direct live ? »
« Effectivement c'est pas déplaisant. Sauf quand tu te ramasses ce genre de conneries sur toi » Fit-il avec une mine de dégout.

_Heureusement entre nous, l'ambiance restait la même. Bien que parfois, il y ait quelques tensions, nous crevions assez vite l'abcès, histoire que les choses ne s'enveniment encore plus. David fit alors son entrée.

« Bien les gars vous avez assuré. Mais Bill, trois ou quatre petits sourires en plus ne seraient pas de refus. Merci. »
« Ouais, ouais. » Répondit l'intéressé avec un certain je m'en foutisme.
« Bon, faut que je vous annonce quelque chose. »
« Un mois de vacances ? Merci c'est trop aimable ! » Se risqua Georg.
« Bien tenté mais non. Une nouvelle personne vient d'intégrer notre équipe ! »
« Encore... » Souffla l'androgyne.
« Oui encore. Elle est ici pour seulement une à deux semaines et... »
« Elle ?! » Demanda joyeusement Tom.
« Elle = personne= nom commun féminin= pas forcément une fille ! »
« Oh... »
« Mais effectivement c'est une jeune fille. »
« Aaaaaaah... » Finit par dire le blond avec un grand sourire.
« Mais pourquoi est-elle là ? » Questionnais-je.

_David n'eut pas le temps de me répondre qu'elle apparaissait dans la pièce. Le seul mot qui m'est venu en tête à ce moment là était et sera toujours « Magnifique ».

« Les gars je vous présente Sacha ! »

Hamburg . Krankenhause . Den 17. Juni 2o11 .


« Gustav... Tu peux arrêter de bouger s'il te plait... » Demanda Georg.
« Non... 'Peux pas ! »
« Mais t'inquiètes pas. Je suis sûr que tout s'est bien passé. »Tenta de me rassurer Tom.

_Soudain, quelqu'un fît son entrée dans la pièce, essoufflé. Bill...

« Dé...Désolé mais... J'suis pas trop...Trop en retard ? »

_Suivie de près par une autre personne.

« C'est bon, vous pouvez venir. »
« Pile à l'heure on dirait p'tit frère ! » Plaisanta Tom.
« D'abord le concerné s'il vous plait. »

_Paniqué il faut le dire, je quittais la salle d'attente sous le regard des autres et suivais l'infirmière.

« C'est ici. Une fois que vous aurez pris votre temps, vos amis pourront venir mais pas trop longtemps, elle est fatiguée. »

_Je la remerciais d'un signe de la tête puis ouvrais la porte. Elle apparût alors. Celle qui devait juste rester une ou deux semaines. En fait, depuis déjà trois ans elle faisait partie de ma vie, notre vie désormais. & quelqu'un d'autre venait de nous rejoindre. Emu. Lentement je m'approchais. D'elle. D'Eux.

« Salut. » Chuchotais-je, comme pour ne pas briser le silence qui régnait dans la chambre.

_Pour seule réponse, elle m'offrit le plus beau de ses sourires & caché sous la petite couverture, je pus enfin le voir.

« C'est... C'est un garçon ? »
« Tu veux le prendre ? »
« Oui, bien sûr. »

_Je n'étais même pas heureux. J'étais bien plus que cela. Vingt-trois ans. Papa, amoureux & comblé de bonheur. Tenir ce petit bout dans mes bras, quelle fierté !

« Je... J'ai peur de le casser. Il est...Si... Petit. »
« Tu t'en sors très bien. »

_Je restais avec eux quelques minutes quand on entendit frapper à la porte. Evidemment ils n'avaient pas pu tenir plus longtemps !

« C'est Bill qui a voulu v'nir. » Se défendit Georg.
« Evidemment, toi t'avais pas l'oreille collée à la porte de la chambre peut être ? »
« Chuuuuuuut. Vous avez pas fini oui ? Vous allez réveiller... Heuuuu... Gus' ? » Demanda Tom, complètement attendri devant le bébé que je tenais dans les bras.
« Les gars, on vous présente Lukas. »
« C'est un garçon ? ! »
« Tu vois pas qu'il a la même tête que son père ? » Dit Bill.
« Oh mais si c'est un p'tit mec... Sachaaaaa j'pourrais lui faire des dreads plus tard ? »
« Oui plus tard... Ca presse vraiment pas hein ! » Rigola-t-elle
« Je peux... » Demanda Bill en tendant les bras.

_Je lui remis alors Lukas dans ses bras.

« Viens voir Tonton Beuwl ! Regardez, j'suis sûr que, plus tard, il sera chanteur ! » Assura-t-il fièrement.

Forststraße . Hamburg . Den o4. November 2o12 .


_Depuis l'année dernière, bonheur total. Mon fils était né. Nous devions prochainement célébrer notre mariage avec Sacha & Tokio Hotel avait renoué avec le succès. On ne nous considérait plus comme le groupe pour « adolescentes s'évanouissant à notre passage » du début, comme le groupe commercial 2oo7-2oo8 mais aujourd'hui nous étions considérés à notre juste valeur. On respectait enfin ce que nous produisions. Mais quelque chose me faisait douter...

« Elle dort toujours ? » Me questionna Bill.
« Oui... Je comprends pas. Elle est tellement fatiguée en ce moment. »
« Tu sais, une grippe, on met du temps à s'en remettre et puis avec Lukas. Ca fait du boulot. Alors elle en profite pour se reposer quand tu es là. »
« Ca fait deux mois ! Deux mois qu'elle est dans cet état... » M'emportais-je. « Et puis y'a pas que ça. Le peu qu'elle mange elle ne le supporte pas, elle maigrit à vue d'½il. Elle m'a dit qu'elle avait fait un ou deux malaises. »
« Tu sais, en ce moment, on est pas souvent là. Tu dois lui manquer alors c'est p'tete qu'une petite dépression... »
« Tu... Tu crois vraiment qu'elle n'est pas heureuse ? »
« Non j'ai pas dit ça mais... »

_Lentement je m'asseyais sur le bord du lit, à quelques centimètres d'elle. Je voulais lui parler, j'étais bien trop inquiet. Je lui caressais doucement la joue, remettais quelques mèches de cheveux qui lui barraient le visage.

« Sacha... Mon ange... »

_ Elle se réveillait petit à petit, ouvrant un peu les yeux...

« Gustav... »
« Ca va ? »
« J'ai envie de dormir et je... J'ai mal à la tête... »
« Tu sais j'y ai réfléchi et... Est-ce que tu es heureuse ? »
« Mais oui. Et bien plus que tu ne le crois. Pourquoi tu me poses cette question ? » Me demanda-t-elle étonnée.
« Je sais pas... Je m'inquiète. Tu es blanche comme pas permis, tu ne manges plus, tu es constamment fatiguée... »
« C'est cette fichue grippe, t'en fais pas. Et je ne déprime pas. C'est l'histoire de quelques jours encore » Me coupa t-telle.
« Sacha... Ca fait deux mois que t'es comme ça. Et ça ne s'arrange pas. »
« Je vais... Retourner voir le médecin et il me donnera des médicaments. »
« Non... Pas le médecin. S'il te plait, vas faire des examens. »
« Gustav. C'est pas la peine. Je te dis que... »
« Ca me rassurera. Fais le pour moi. » L'implorais-je
« Je... Bon d'accord. On verra ça la semaine prochaine. Je suis sûre que tout ira mieux et que finalement on aura plus besoin d'y aller. »
« Non demain. Demain, je veux qu'on y aille. Plus vite ce sera fait, et plus vite j'arrêterai de me faire du souci. »
« Oui chef ! » Tenta-t-elle de plaisanter. « Où est Lukas ? »
« Dans le salon en train de jouer avec Tom... Ou bien c'est Tom qui s'amuse avec les jouets de Lukas. Je sais pas trop. »

Hamburg . Krankenhause. Den o5. November 2o12 .


_Comme prévu, nous étions allés directement à l'hôpital. Seul dans la salle d'attente, cela faisait maintenant bientôt deux heures que Sacha subissait toute sorte d'examen, quand une infirmière me fit savoir que le médecin allait bientôt me recevoir dans son bureau. Elle me fit entrer puis me dit qu'il n'allait pas tarder. Je m'asseyais. J'avais peur.

« Monsieur Schäfer ? » Fit une voix derrière moi, tout en refermant la porte.
« Euuuh oui. Bonjour. » Dis-je en me levant.
« Professeur Enderle. »

_Il me serra la main et alla s'assoir derrière son immense bureau. Il prit soin de relire le dossier avant de relever la tête l'air grave.

« Bien. Nous avons donc pratiqué les examens nécessaires à l'état de santé de Mademoiselle Brecht. Qu'est ce quiii... Vous a poussé à venir ici ? »
« Cela fait deux mois que Sacha est extrêmement fatiguée, qu'elle dort énormément, ne mange plus et ce n'est pas rare qu'elle fasse des malaises. Nous pensions que c'était une simple grippe, mais deux mois, cela me parait long et j'ai préféré l'emmener, histoire de nous rassurer. »
« Vous avez bien fait. Ce n'est jamais facile d'annoncer cela mais... »

_Cette phrase... Elle me fit penser au pire et j'avais raison. Je ne l'écoutais plus mais la seule chose que je parvins à entendre est celle à laquelle je me refusais d'imaginer : leucémie.

« Monsieur Schäfer ? Vous m'écoutez ? »
« Oui...Oui excusez moi. » Essayais-je d'articuler. « Mais... Il y a surement... Quelque chose à faire n'est ce pas ? »
« La maladie est déjà à un stade très avancé. Néanmoins, nous allons faire tout ce qui nous ait possible. »
« Bien... Bien... Euh... Où est-elle je vous pris ? »
« Nous l'avons placé dans la chambre 42. »
« Me...Merci. Je vais... Aller la voir et je... »
« Ne perdez surtout pas espoir. »


_Je me levais puis me dirigeais vers cette chambre, frappais à la porte & entrais. Le regard dirigé vers la fenêtre, les traits du visage tiré par la fatigue. Je me dis à ce moment là, que le pire était à venir. Puis elle tourna la tête vers moi. Me sourit. Ce si joli sourire. Je pris la chaise et la ramenais près du lit, m'asseyais et lui saisis la main. Sans que je ne puisse rien contrôler, les larmes se mirent à couler. Elle comprit de suite.

Forststraße . Hamburg . Den o5. November 2o12 .


_Tard le soir, je rentrais chez nous. Mais sans elle. Bill, Georg & Tom étaient restés auprès de Lukas. Je leurs fis part du diagnostic. Il n'y avait rien à dire. Il fallait juste attendre que la médecine fasse ce qu'elle avait à faire. Lorsqu'ils partirent, je me dirigeais vers la chambre de mon fils, y entrais sans faire de bruit & me laisser glisser contre le mur. Pleurer silencieusement, regardant ce petit ange dormir à poing fermé, en me disant que c'est lui qui me ferait tenir si jamais quelque chose d'impensable devait arriver.

Hamburg . Krankenhause. Den 14. Dezember 2o12 .


_Plus d'un mois que Sacha se battait contre cette foutue maladie. Son état de santé se dégradait de plus en plus vite. Chimiothérapie, dons de plaquettes... Le médecin nous avait prévenus. Il y avait malheureusement peu de chance qu'elle s'en sorte, une infime chance, à laquelle nous voulions nous raccrocher... En vain. Il n'y en avait plus pour très longtemps. Elle le savait et nous aussi.
Ce jour là, Sacha n'était vraiment pas dans un bon jour, pire que les autres. Elle n'avait plus la force de se battre. Lukas venait de partir. Sa maman voulait le voir... Une dernière fois. C'était au tour de Georg de s'en occuper aujourd'hui. Je passais le plus clair de mon temps au chevet de Sacha et les garçons jouaient un peu leur rôle de père de substitution. Sacha m'en voulait de rester auprès d'elle plutôt que de nous occuper plus de notre fils.

« Gustav. Je suis... »
« Non... Dis rien s'il te plait » La coupais-je
« Si. Je veux que tu me promettes quelque chose. »
« ... »
« Sois...Sois heureux. Pour Lukas. Pour toi et pour moi. Après que je... »
« Non, non , non, dis pas ça !! »
« Il le faut. J'ai passé quatre merveilleuses années à tes côtés. Tu m'as donné tant de bonheur. Tout ce que je n'aurais jamais cru avoir mais tu es arrivé et ça a été les plus beaux moments de ma vie. »
« Moi aussi mon Ange mais... »
« Alors ne les oublies pas mais ne passe pas à côté de ce que tu pourrais vivre d'encore plus beau. »
« J'y arriverai pas sans toi... »
« Bien sûr que si tu y arriveras Gustav. Je serais toujours à tes côtés. Si tu es heureux alors je le serais aussi. Ne te souviens que des bons moments qu'on a passé ensemble. Souviens- toi de la première fois où on s'est rencontré. Souviens-toi que je t'aime et que j't'aimerai jusqu'à ce qu'on se retrouve. Promet moi de faire ça. »
« Sacha je... »
« S'il te plait. »
« D'accord. »


_Un sourire se dessinait sur son joli visage.

« Je t'aime tellement mon Ange... »
« Moi aussi. Ne l'oublie pas. Dis à Lukas que sa maman est fière de lui. »


_J'hochais simplement de la tête.

« Allez file maintenant. Va retrouver notre fils. »
« Non pas encore. Pas maintenant. »
« Si. C'est de toi dont il a besoin maintenant. Pas moi. »


_Notre dernier baisé au goût salé. Ses larmes se mêlant aux miennes. J'aurais voulu que le temps sarrète. J'avais encore tellement de choses à lui dire. Trop de choses à partager. La vie est si cruelle. Avant de franchir le pas de la porte et de la refermer, je gravais une dernière fois son visage dans mes souvenirs. Ce fut la toute dernière fois.

Friedhof [ cimetière ] . Hamburg . Den 17. Juni 2o15.


« Bonjour mon Ange. Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Lukas. Il a quatre ans. Oui tu le sais mais le temps passe tellement vite. J'ai l'impression que c'était hier la première fois que j'ai vu notre fils faire son entrée dans notre vie et aussi l'impression que c'était hier que toi tu l'as quitté... Il n'a pas voulu venir. Il ne comprend pas encore très bien. Il est vraiment adorable. Il te ressemble beaucoup. Mais je crois que Tom lui donne le mauvais exemple parce que l'autre fois, il m'a dit qu'il n'avait pas de copines « moches » à l'école. Tu te doutes bien qui y'a qu'une seule personne pour lui donner ce genre d'idée ! D'ailleurs Bill semble s'être enfin casé. C'est une des stylistes de son agence. Ils ont l'air heureux. Et Georg nous a annoncé que lui et Anja se mariaient l'année prochaine. Quant à Tom... Il reste fidèle à lui-même bien que je vois que Katharina lui fasse tourner la tête. Il va craquer ! Et moi... Je vais peut être tenir ma promesse. Je voulais te le dire avant de continuer. Oui c'est con mais il le fallait. Elle s'appelle Eva. Mais je verrais bien ce que l'avenir nous réserve. »

Oskar-Hoffman Straße . Berlin . Den 24. Mai 2o35 .


« Salut vous deux. Ca vous direz que je vous raconte une histoire ? »
« Ils ont huit semaines... Comment tu veux qu'ils comprennent ce que tu leur dis ? »
« Et bin vu que je leur rabâcherais ça depuis le berceau, ils s'en souviendront. »
« Nan mais n'importe quoi toi... » Dit-elle en levant les yeux au ciel.
« Alors. Il était une fois, à Dortmund, Tokio Hotel venait de finir un concert. Tonton Tom se plaignait d'avoir eu un préservatif sur sa guitare et... » Commençais-je.
« Lukas ! Nan mais c'est pas vrai ! T'as finis oui de raconter des trucs pareils ! Et viens manger. » M'ordonna Léana.
« En fait vous avez pas besoin de savoir les détails. Juste que vous sachiez que Papy était une rock star et qu'il a rencontré Mamie ce jour là. Bonne nuit Maïa. Bonne nuit Alex. »

# Posté le lundi 17 mars 2008 12:27

Modifié le lundi 08 septembre 2008 13:40

# 4

# 4
« BILL KAULITZ REVIENS ICI DE SUITE ! »
« VA TE FAIRE FOUTRE CONNARD ! J'AI D'ORDRE À RECEVOIR DE PERSONNE. C'EST CLAIR ?! »


_ Je sors en claquant la porte des loges. Celui à qui je viens de dire d'aller se faire voir ? David. David Jost. Notre ex-producteur accessoirement nouveau manageur. Déjà qu'il se prenait pour le grand manitou alors là, il se sent plus. Ce soir, on a dû écourter le concert. Plus de voix. Le peu qu'il m'en restait, je l'ai rassemblé pour lui gueuler dessus. Ich bin da... C'est le public qui l'a chanté. Dès lors que j'ai quitté la scène, je suis parti m'effondrer dans la loge. Je m'en voulais alors qu'est ce que je pouvais faire de plus ? Puis mon frère, Georg & Gustav sont arrivés, suivis de près par David qui n'a pas attendu une seconde pour me dire ce qu'il pensait de mon soi-disant manège. & puis moi aussi je lui ai dit le fond de ma pensée. Moi aussi j'ai pété un plomb alors je suis parti pour faire le vide.
Dans les couloirs du Dôme, bon nombre de techniciens s'affairent à démonter la scène, qu'ils ne remonteront pas demain. Ils peuvent me remercier... Un jour de repos grâce à moi ! Beaucoup me dévisagent. Des personnes que je ne connais pas. Finalement, c'est tout en haut des gradins que je trouverai la solitude dont j'ai besoin & que je laisserai mes larmes coulées.

« Ca va pas ? »

_ Une voix provenant de derrière me fait sursauter. J'essuie rapidement mes yeux.

« Si très bien. Merci. »
« Sûr ? »
« T'es qui d'abord ? »
« Oh ça n'a pas d'importance. »
« Ok bah salut alors ! »
« J'avais entendu dire que Bill Kaulitz était pas aimable mais à ce point là... »
« Bah maintenant tu le sais. »
« En tous cas, t'as p'tete perdu ta voix, mais t'as pas perdu ton sens de l'amabilité. »
« Qu'est ce que tu veux ? »
« Rien de bien spécial... Mais voir quelqu'un pleurer et le laisser sans rien faire, c'est pas trop mon truc tu vois. »
« Tu fais dans le social ? Dommage j'ai pas besoin d'aide. »
« ... »
« ... »
« Puisque c'est comme ça. J'm'en vais. »


_ Merde. Elle s'en va vraiment !

« Euuuh... Attends ! »
« Quoi ? »
« Tu... Tu t'appelles comment ? »


_ Ah oui bien joué Bill...

« J'te l'ai dit. Ca n'a pas d'importance. »
« Ah bon... Qu'est ce que tu fais ici ? »
« J'me suis infiltrée dans le Dôme, histoire de partir à la chasse aux TH... Pis j't'ai vu ! »


_Hein ?!

« J'rigole. J'aime pas votre musique. J'viens juste rendre visite à mon père qui est technicien du son sur votre tournée. »
« Oh... Ok... »
« Fais pas cette tête garçon ! C'pas parce que j'aime pas ton groupe que je vous déteste pour autant. T'as pas l'habitude c'est ça hein ? »
« A vrai dire ; non pas trop. »
« Qu'est ce qui s'est vraiment passé ce soir ? »
« Plus de voix... »
« Mais encore ? »
« ... »
« Si tu veux pas en par... »
« Au départ, on devait juste revenir en France. Paris, Marseille & Montpellier pour se faire pardonner des deux concerts annulés en octobre dernier. & puis comme les fans en veulent toujours plus avec leurs pétitions à la con & la maison de disque qui ne voit en nous qu'une machine à fric, ça s'est transformé en 1000 Hotels European Tour avec pas moins de vingt cinq dates dans toute l'Europe & juste une date chez nous, en Allemagne. Tu te rends compte ? En moyenne, un jour de repos entre deux dates d'affilées. & Puis aujourd'hui, on devait assurer le show à Marseille. & je n'ai pas tenu. Lorsque j'suis sorti de scène pour me changer, j'ai fait part à David du problème. Evidemment, il s'est pas gêné. Les autres avaient compris, mais pas lui. Si je terminai pas ce soir, ça voulait dire presque assurément que les jours suivants devaient être eux aussi annulés. Deux, trois, quatre représentations voire peut être plus. Ca fait maintenant quatre ans qu'on est à ce rythme là. Je... Je tiens plus. C'est qu'une toute petite chose le fait de plus avoir de voix. Physiquement mais surtout moralement, j'suis HS. On voit plus nos familles. Ma mère me manque. Mes amis aussi. J'en peux plus de tous ces gens hypocrites qui essayent de nous approcher par tous les moyens. De ces journaleux qui feraient tout pour nous démolir avec leurs rumeurs à la con. De ces interviews où on nous pose trente six fois la même question. De ces filles qui hurlent des « Ich liebe dich » alors qu'elles ne nous connaissent même pas. Tu comprends ? Je suis au bout du rouleau mais ça, personne n'y peut rien. Même pas moi. »
« Bien sûr que si tu le peux. »
« Qu'est ce que tu racontes ?! Non j'peux pas. J'ai le contrôle sur rien. »
« Toi. Vous quatre. Vous êtes la clé de tout. »
« C'est-à-dire ? »
« C'est-à-dire que si vous arrêtez, ensemble, juste un moment, personne ne pourra vous en empêcher. »
« Mais c'est impossible. »
« Si ça l'est. & tu le sais. Vous le savez mais vous n'avez jamais osé. »
« Peut être... Mais & les fans ? Elles ne comprendront jamais ! T'imagines même pas ! »
« Si ce sont vraiment des fans, des vraies, elles comprendront. Merde, vous n'êtes que des humains. & Pas des robots ! Tu crois pas qu'elles ne veulent que votre bien ? Qu'elles sont en ce moment même en train de s'inquiéter pour vous, pour toi ? »
« Pas toutes. »
« Alors elles ne méritent pas que vous preniez en compte ce qu'elles veulent. Ce ne sont que des égoïstes. Tu dois te reposer Bill. Vous devez faire un break. C'est vital. & tu le sais très bien. »
« Pourquoi... Pourquoi tu sembles si bien connaître la situation ? »
« Bah euuuh... Ma meilleure amie est fan alors je m'informe auprès d'elle des nouvelles du groupe le plus en vue du moment. »
« Oué... Je sais pas... Je vais réfléchir. »
« Ne perds pas de temps. Tu... Tu risques ta santé. »
« J'en suis de plus en plus conscient. »
« Alors parles-en aux autres. »


_ Elle a raison.

« Bon je vais te laisser. Mon frère devrait bientôt avoir fini. »
« Je croyais que tu attendais ton père... »
« Ah... Oui bin tu sais, ça arrive de ripper sur les mots ! C'est mon père oui. Mon père ne va pas tarder. »
« Je... Dis moi au moins ton prénom s'il te plaît. »
« Non, tu n'as pas besoin de le savoir. »
« Mais on se reverra ? Fin je veux dire, si moi je veux te revoir, comment je fais ? »
« Alors je trouverai le moyen de revenir. Mais tout dépendra de toi. »
« De moi ? »
« Oui de toi. De ce que tu décideras. »


_ Elle s'éloigne en me souriant. Tout est en entre mes mains désormais. Grâce à Elle.

...

_ Ca fait dix mois. Dix longs mois. Après notre discussion, j'ai pris mon courage à deux mains & j'ai annoncé à Georg, Gustav & Tom qu'il était temps. Temps pour nous de faire une pause. C'était plus qu'urgent & nous en avions tous les quatre besoin. Le groupe contre Jost & Universal. Finalement, sans Tokio Hotel, ils n'étaient plus rien. Alors ils ont accepté. Pour notre plus grand soulagement. Et celui des fans apparemment. Bien sûr, on s'est fait descendre par beaucoup. C'est là qu'on a réellement pris conscience qu'elles ne nous considéraient pas si bien que ça. Heureusement, les autres, celles qui restaient, étaient là pour nous soutenir & nous avaient fait savoir qu'elles seraient là le jour J. Ce jour est arrivé. On a fixé des règles. Pas plus de dix dates pour chaque tournée. Les interviews, c'est nous qui les décidons & pas quand les journalistes le veulent. A ce qu'on sache, le groupe ce n'est pas que les jumeaux Kaulitz alors Gustav & Georg seront tout aussi mis en avant que mon frère & moi. On avance à notre rythme. & tant pis si ça ne plait pas. Ce soir, Tokio Hotel est de retour. A Berlin. Sold out. On a décidé de commencer avec une toute nouvelle chanson, composée pendant ces dix mois d'absence totale : Wiedergeburt ( Renaissance ). Pas une seule seconde je n'ai cessé de penser à Elle. J'espère tellement la revoir. Ce soir peut être.

...

_ In die Nacht. Acoustique. Comme d'habitude, nous nous asseyons sur l'avancée. Je scrute le public. Puis devant moi, je la vois. Enfin. Mon sourire s'agrandit encore plus. Le sien aussi. Dans les coulisses, avant de remonter sur scène pour le final, je demande à Saki de la faire passer. Il ne comprend pas. Mais c'est ce que je veux. Elle m'avait dit que tout dépendait de moi.

...

_ Epuisé mais heureux je quitte la scène. Au détour du couloir, je la vois. Mon c½ur s'accélère. Je marche vite. Puis je me stoppe devant Elle, ne sachant pas quoi faire. Finalement c'est Elle qui fera le premier pas, en me serrant dans ses bras.

« J'te l'avais dit que tout dépendrait de toi Kaulitz ! »
« Merci. »
« T'es grand. Tu l'as fait tout seul. »
« Non. Tu m'as aidé. Beaucoup plus que tu l'imagines. »


_ Elle quitte mes bras puis baisse la tête.

« J'ai juste voulu te rendre la pareil en quelques sortes. »
« Comment ça ? »
« C'est toi qui m'a sauvé. Komm und rette mich. Ich schaff's nich' ohne dich. »
« Quoi ? T'as appris les paroles ? »
« T'es idiot ou quoi ?! J'ai menti espèce de crétin ! »
« ... »
« Vous m'avez juste redonné le sourire & l'envie de vivre. Y'a maintenant quatre ans de ça. »
« ... »
« Je... Je suis désolée. Finalement, c'était une mauvaise idée de venir. J'y vais. Je suis contente que tout aille mieux maintenant. »


_ Bordel ! Fais quelque chose sinon tu vas vraiment passer pour un abruti ! Alors qu'elle commence à partir, je la retiens et la resserre dans mes bras. De peur qu'elle ne parte vraiment. & qu'elle ne revienne plus jamais.

« Komm und rette mich. Ich verbrenne innerlich. Komm und rette mich. Ich schaff's nich' ohne dich. »

# Posté le lundi 17 mars 2008 13:03

Modifié le mardi 22 juillet 2008 10:22